S3 ob golden2.large
Objet
Cercle et sphère / Verre / Bizzareries et étrangetés / Trésors / Matières précieuses

Oliver Beer

Pembury (Royaume-Uni), 1985 – Vit et travaille entre Londres (Royaume-Uni) et Paris

Silence is Golden: Tenor-Malleus-Left

[Le Silence est d’or : Tenor-Malleus-Gauche], 2013

Or 24 carats, cristal de plomb

Diamètre : 16 cm

Collection Catherine Hellier, Paris


La boule de cristal, habituellement associée aux pratiques divinatoires, est ici inspirée des presse-papiers, pièce maîtresse des Cristalleries de Saint-Louis où l’artiste a réalisé la série d’œuvres Silence is Golden. Pour cette exposition, l’exemplaire est présenté sans la rame de papier qui lui sert généralement de socle et qui souligne cette fonction de presse-papiers. L’attention n’en est que davantage concentrée sur le petit élément qui semble flotter au cœur de la sphère parfaitement limpide et transparente. Celui-ci est une réplique à l’échelle d’un des osselets internes de l’oreille.
Cette sculpture permet ainsi d’offrir au regard de tous un élément du corps habituellement invisible, voire insoupçonné de beaucoup. Sinon que l’utilisation d’un côté de l’or pour fondre l’osselet, de l’autre du cristal pour le mettre en scène lui confère un caractère précieux et sophistiqué qui redouble son apparence étrange et mystérieuse.
La volonté de capturer des éléments du réel et d’amplifier leur nature est ainsi une pratique constante chez Oliver Beer qui se définit comme musicien-plasticien et s’attache principalement aux notions de son, d’acoustique et de résonance. Ici, c’est le degré zéro du son qui est représenté, l’élément corporel permettant de transmettre et d’amplifier les vibrations sonores étant contraint au silence absolu. Aucune onde ne pouvant traverser le cristal, il est dès lors démis de ses fonctions.
Tel un talisman inactif, l’œuvre et son titre jouent avec les mots : l’ouïe et le silence sont réalisés ou désignés par la même matière précieuse – l’or – qui est un des rares matériaux à pouvoir être insérés dans le cristal. Une certaine tension synesthésique résulte ainsi de cette pièce où l’œil, l’oreille et presque le toucher sont en vibration, sinon en émoi.

← Œuvre précédente Œuvre suivante →