One Second of Silence (Part 1 – New York), 2005
Edith Dekyndt
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Video
Phénomènes du ciel / Voyage / Lumière

Edith Dekyndt

Ypres (Belgique), 1960 – Vit et travaille en Belgique

One Second of Silence (Part 1 – New York)

[Une seconde de silence (Partie 1 – New York)], 2005

Film sans son en couleur

18 minutes et 32 secondes

Collection 49 NORD 6 EST – Frac Lorraine, Metz


Comme un certain nombre des vidéos d’Edith Dekyndt, One Second of Silence fait partie d’une série d’expérimentations visuelles que cette artiste nomade a initiées aux Pays-Bas, puis mises en place au cours de ses voyages, notamment à New York, en Martinique, en Islande et à Rotterdam. Elles sont toutes tournées caméra fixe, en temps réel, lorsque la lumière est assez neutre et le ciel nuageux, en particulier en milieu de journée.
Edith Dekyndt utilise la vidéo de manière poétique et synthétique, comme un moyen de capturer l’aléatoire, le fugace, le sensible et le ténu. Ici, un seul plan-séquence cadre un drapeau dont la texture transparente est difficile à définir tant sa surface joue d’effets de matières avec son environnement immédiat. Son voile révèle et dissimule le ciel et les nuages alternativement, semble éprouver les éléments et le temps qui passe. Le titre de la série – One Second of Silence – nous invite justement à marquer une halte. Cette « seconde de silence » est une sorte de recommandation qui se voudrait éternelle.
Au fil des mouvements du tissu, il devient de plus en plus difficile de distinguer ce qui appartient au ciel, aux nuages, à l’atmosphère ou aux plis du drapeau. Ses ondulations sont également celles des sentiments confus et mélancoliques qui nous submergent lors d’un moment de silence, et que l’on ne peut ni définir ni contrôler. Tout appartient ainsi à un même dérèglement climatique et émotionnel de l’espace et du temps.
D’un côté, le ciel et ses nuages et la transparence du voile sont deux motifs récurrents de la peinture classique que cette vidéo rassemble et superpose ; la translucidité et la brillance de la matière du drapeau pouvant d’ailleurs être rapprochées du glacis pictural qui met en lumière ce qu’il recouvre. De l’autre, sans couleur ni dessin, le drapeau transparent est surtout indépendant de tout rapport avec une nation et n’est dépositaire d’aucune mémoire collective. Si ce n’est le titre spécifique de chaque vidéo, rien ne permet d’ailleurs de situer la scène filmée, ni même d’en comprendre l’échelle.
Tout à la fois classiques et contemporains, inscrits dans l’histoire de l’art et dans l’histoire du monde, les drapeaux d’Edith Dekyndt sont les drapeaux de tous les possibles et semblent presque prêts à se détacher et à s’échapper pour mieux rejoindre d’autres terres et d’autres histoires.

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