Odnyam, 2001
Çağdaş Kahriman
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Video
Cercle et sphère / Fenêtre et porte / Animaux / Phénomènes du ciel / Bizzareries et étrangetés / Femme / Homme / Nature / Voyage / Horizon

Çağdaş Kahriman

Ankara (Turquie), 1977 – Vit et travaille à Paris

Odnyam

2001

Film sonore en couleur

11 minutes

Courtesy Çağdaş Kahriman


Texte de Cadgas Kahriman à propos d’Odnyam


Opposant au pouvoir politique turc, le père de Çağdaş Kahriman a été emprisonné de 1981 à 1985. À sa libération, toute la famille s’est exilée en France et, jusqu’à la naturalisation de l’artiste en 2001, il lui était interdit de revenir dans son pays natal. Aussi est-elle partie en Mongolie tourner un film en super 8 qui nous parle de lointains familiers et de proches inaccessibles, de racines et de déracinements, de mémoires collectives et de souvenirs individuels, de départs et de retrouvailles. L’artiste a été particulièrement sensible à certaines particularités des plateaux mongols, comme le mode de vie nomade, le respect séculaire de la nature (à l’image de la botte recourbée et sans talon pour ne pas abîmer l’herbe) et le site de pierres gravées par les peuples Uygurs. En écho à cette errance sans frontières, le Finistère s’est naturellement imposé comme autre bout du monde apte à reconstituer certains des symboles de ce voyage en quête d’identité et de liberté.
On retrouve dans ce film de nombreux éléments que l’on a croisés au fil de l’exposition : une présence féminine qui n’est pas sans rappeler les muses et les prêtresses, la traversée d’un fleuve, une feuille de papier qui s’enroule et se déroule en livrant ses secrets, des gestes d’échange et de partage, et un motif de cercles concentriques que l’artiste trace sur le sable comme un dernier message adressé à notre regard.
Ce dessin est l’œuvre d’Odnyam, un des enfants de la famille qui a accueilli l’artiste dans les steppes mongoles et auquel le film est dédié de par son titre. C’est le premier de son existence et il l’a exécuté de manière réfléchie, en prenant du temps : la page s’est remplie de cette succession de cercles, puis a été tracée avec jubilation une ligne nette et précise qui part du centre vers l’extérieur. « [Ce] dessin évoquait pour moi un noyau de rêve, de quête, d’un voyage qui évolue en s’enrichissant, ce trait final étant le temps qu’il faut pour atteindre enfin le cœur de ce rêve et refermer la boucle, d’un présent continu qui a su surmonter les obstacles pour sublimer l’expérience », tient à souligner l’artiste.

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