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Photographie
Homme

Yves Klein

Nice, 1928 – Paris, 1962

Le rêve du feu (IMMA 41)

vers 1961

Photomontage

24 x 18 cm

Collection particulière


Ce photomontage réalisé par Yves Klein (en collaboration avec les photographes Harry Shunk et János Kender) peut être considéré comme le manifeste photographique des peintures de feu (1960-1962). Apprenant à maîtriser les flammes et à diriger leurs effets grâce au matériel mis à sa disposition par le Centre d’essais de Gaz de France en 1961, il s’efforce de matérialiser et de modeler la puissance créatrice du feu. Cette nouvelle technique plastique répond également, comme ses Anthropométries, à sa volonté de ne pas « se salir les mains avec de la peinture ». Le feu purificateur incarne donc le pinceau idéal.
Marqué par la lecture de La Psychanalyse du feu de Gaston Bachelard, Yves Klein en retient les multiples dualités du feu : torture et douceur, destruction et régénération, vie, mort et résurrection. Le Rêve du feu cherche donc à réconcilier les ambivalences de nos réactions face au feu : appréhension, attirance, répulsion, éblouissement. Dans le Manifeste de l’Hôtel Chelsea, rédigé à New York en 1961, Yves Klein justifie sa pratique : « En somme, mon propos est double : tout d’abord enregistrer l’empreinte de la sentimentalité de l’homme dans la civilisation actuelle ; et ensuite, enregistrer la trace de ce qui précisément avait engendré cette même civilisation, c'est-à-dire celle du feu. Et tout ceci parce que le vide a toujours été ma préoccupation essentielle ; et je tiens pour assuré que, dans le cœur du vide aussi bien que dans le cœur de l’homme, il y a des feux qui brûlent. » La contemplation du feu se transforme alors en méditation sur le vide.

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