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Dessin
Homme / Géométrie / Nature

Giovanni Anselmo

Borgofranco d’Ivrea (Italie), 1934 – Vit et travaille à Turin (Italie)

La Mia Ombra Verso L’Infinito Della Cima Dello Stromboli Durante L’Alba Del 16 Agosto 1965

[Mon Ombre projetée vers l’infini au sommet du Stromboli au lever du soleil, le 16 août 1965], 1965-2000

Mine graphite, impression d’iris sur papier

119 x 89 cm

Collection particulière
Courtesy Giovanni Anselmo et Galerie Marian Goodman, Paris / Londres


Il est des circonstances ou des situations singulières et imprévues qui nous amènent à découvrir un fait, à ressentir une vision s’imposant à nous comme s’ils nous appartenaient depuis la nuit des temps, comme si, avant même leur énonciation, ils étaient cette part intime que nous attendions depuis toujours sans oser l’espérer. Et parfois même elles nous offrent une clé essentielle de compréhension de notre propre existence ou de notre relation au monde et en transforment le cours futur.
Le 16 août 1965 au lever du soleil, sur les pentes du volcan Stromboli en Sicile, Giovanni Anselmo a vécu une expérience semblable qui a déterminé toute sa démarche d’artiste. En effet, durant un très court instant, alors que la lumière du soleil provenait de la mer en contrebas, son ombre n’était ni devant lui ni derrière lui, mais projetée vers l’infini et rentrant presque à l’intérieur du cratère du volcan dont la surface en pente lisse est d’un noir parfait. Dès lors, il a non seulement éprouvé très profondément cette notion d’infini, mais également un moment exceptionnel de symbiose entre le soleil, le rayon de lumière, la ligne d’horizon, le point de fuite qu’est le sommet du volcan, la mer, les entrailles de la Terre et l’être humain, celui-ci étant représenté par son double impalpable et presque spectral – l’ombre –, part la plus physique et la plus métaphysique du corps, la plus ténébreuse et la plus symbolique.
Giovanni Anselmo souligne les paradoxes de ces circonstances magiques : « Ce fut un moment surtout fait de sensations, car je sais en réalité que le soleil, quand je le vois, est déjà présent depuis huit minutes. La vitesse de la lumière et la distance qui nous en sépare entraient bien sûr en considération. […] C’était surtout imaginaire. Parce qu’on ne voyait rien ! […] J’ai tenté ensuite de reconstruire l’ombre avec un crayon. C’est une tentative en tant que dessin, en tant que projet d’ombre. »

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Œuvres

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Direzione, 1967-1968
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Infinito, 1971
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