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Dessin
Main

Vassily Kandinsky

Moscou (Russie), 1866 – Neuilly-sur-Seine, 1944

Empreintes des mains de l'artiste

25 mai 1926

Aquarelle sur papier

30 x 42,3 cm

Avec le concours de Mme Nina Kandinsky, 1981
Centre Pompidou, Paris Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle


Réalisée dans la célèbre école du Bauhaus qui vient tout juste de s’installer à Dessau, cette œuvre de Vassily Kandinsky est empreinte d’un grand mystère. On ne sait rien en effet des circonstances qui l’ont conduit à enduire ses paumes d’aquarelle verte pour en laisser l’impression parfaite sur une feuille de papier de récupération.
Néanmoins, on peut en saisir quelques significations immédiates. D’une part, l’œuvre naît pour Vassily Kandinsky d’une nécessité intérieure mystérieuse et presque mystique, puis devient un sujet autonome animé d’un contenu intérieur qui va vibrer émotionnellement et spirituellement avec celui qui la regarde avec attention. D’autre part, considérant le jaune comme une couleur typiquement terrestre dont l’intensité peut être violente, et le bleu comme une couleur spécifiquement céleste qui va susciter un calme profond, le vert est en conséquence une synthèse harmonique des deux produisant une immobilité totale et une quiétude absolue. On peut ainsi considérer cette autoreprésentation des deux mains de l’artiste comme l’expression de la sagesse et de la sérénité d’un professeur âgé de presque soixante ans qui ainsi se relie dans l’histoire et dans le temps à tous les hommes.
Car, entre réminiscence des mains positives apposées par les premiers êtres humains sur les parois de leurs cavernes et pratiques enfantines spontanées, l’empreinte de ses propres mains est une des manières les plus ancestrales de marquer un territoire de son identité, mais également de dessiner un autoportrait en rendant visible ce qui nous rassemble et nous différencie de tous les autres : les lignes de la main.

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