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Photographie
Femme

Balthasar Burkhard

Berne (Suisse), 1944 – Berne (Suisse), 2010

Der Arm

[Le Bras], 1993

Photographie noir et blanc, épreuve aux sels d’argent sur papier baryté, triptyque

99 x 333 cm l'ensemble

Fonds régional d’Art contemporain Provence-Alpes-Côte d’Azur, Marseille


L’accrochage contigu des photographies du bras et de l’aile de faucon prises par Balthasar Burkhard respectivement en 1993 et 1994 permet d’illustrer l’égalité de traitement réservé au corps humain et au corps animal, et de rassembler les différentes catégories du vivant, que celui-ci soit fait de peau, de poils, de plumes ou d’écailles.
Dépersonnalisés et décontextualisés à l’identique – en noir et blanc, frontaux et surtout monumentaux –, l’aile et le bras oscillent ainsi entre réalisme et abstraction, fragmentation anatomique et territoire corporel. À la légèreté, la douceur et la souplesse des sujets photographiés, l’artiste vient ainsi imposer une échelle, un format, un rythme et un encadrement particulièrement monumentaux. Très paradoxalement, ceux-ci invitent le spectateur à une double approche, celle éloignée d’une vision d’ensemble et celle d’une approche de proximité, attentive à la surface et aux détails et qui révèle les textures et la matérialité de la photographie et de la chose photographiée. Aussi peut-on ici presque ressentir l’air autour du bras ou le bruissement des plumes. Elles révèlent dès lors une beauté du vivant que notre œil ne peut discerner directement.
Ces deux photographies mettent également en valeur le rôle exploratoire de la photographie en créant des relations fortes et subtiles entre oscillation du regard, mécanisme de déploiement de l’anatomie humaine et animale et enfin mouvement de l’appareil photographique, à l’intérieur d’une même unité formelle, physique et territoriale. Elles illustrent par ailleurs l’intérêt de l’artiste d’un côté pour le corps féminin, de l’autre pour les grands maîtres de l’histoire de l’art. Le bras que l’on devine féminin – d’ailleurs élégamment conclu par une main déployée avec autant de finesse et de délicatesse que les plumes de l’aile de faucon – est en effet un bel hommage aux canons classiques de la beauté féminine. L’Aile de faucon est, pour sa part, inspirée d’une héliogravure en couleur d’Albrecht Dürer intitulée Aile de geai et datée de 1512. Plus largement, l’une comme l’autre sont synonymes de grâce, d’harmonie et d’ouverture sur le monde.

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