Dénouement, 2011
Ismaïl Bahri
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Dénouement
Dénouement
Video
Homme / Nature / Main

Ismaïl Bahri

Tunis (Tunisie), 1978 – Vit et travaille entre Paris, Lyon et Tunis (Tunisie)

Dénouement

2011

Film sans son en couleur

8 minutes et 2 secondes

Collection 49 NORD 6 EST – Frac Lorraine, Metz


Entretien entre Charbel-joseph H. Boutros et Ismaïl Bahri, accompagné par Mouna Mekouar


Le début de cette vidéo d’Ismaïl Bahri pourrait donner l’illusion d’une peinture abstraite et minimale représentant une ligne droite et noire séparant verticalement une surface blanche en deux parties symétriques. Au bout de quelques instants, on comprend que cette ligne est en réalité un fil tendu, et le fond un sol enneigé. L’un et l’autre se divulguent donc à l’image dans toute leur matérialité, leurs qualités naturelles. Le fil s’agite de soubresauts, comme s’il s’agissait d’un sismogramme mystérieux relevant des gestes encore invisibles. Tout le reste demeurant sans vie, l’attention visuelle se concentre sur cette onde vibratoire, d’autant plus que seule sa partie la plus proche du spectateur est nette à l’écran, le reste apparaissant et disparaissant dans le flou en fonction de la tension et du relâchement du fil.
En haut de l’écran émerge très doucement une forme de couleur noire, d’abord abstraite, puis de façon précise. Portés par une figure de plus en plus humaine, des jambes puis des bras entrent en action. L’illusion d’optique que produit la teinte noire du vêtement et du fil donne l’impression que ce dernier est une partie de la figure et qu’il retrace et complète la silhouette à chaque pas de celle-ci. Par la même occasion, le paysage prend davantage forme et consistance. D’une certaine façon, on est passé de la double dimension d’un tableau abstrait à la triple dimension d’un territoire incarné.
Enfin, des mains apparaissent, animées par des gestes précis et maîtrisés, ceux du réenroulement du fil. Aussi comprend-on alors la lenteur de la progression du personnage, qui n’est pas liée aux pas dans la neige, mais au rembobinage de la pelote de fil. À l’issue de l’action, ce qui devrait être une sphère parfaite n’est qu’un assemblage mou et maladroit, comme si tout retour en arrière de la part de l’être humain était voué à l’échec.

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Ligne
Ligne, 2011
Ismaïl Bahri