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Sculpture
Bizzareries et étrangetés / Boîte

Guillaume Leblon

Lille, 1971 – Vit et travaille à Paris

Chrysocale I (Sets d'habits)

2005

Chrysocale et tissu

12,5 x 29 x 31 cm

Centre national des arts plastiques, Paris - La Défense


Cet objet, qui semble fabriqué à partir d’un bronze cuivré souple et natté, pourrait être interprété comme une étrange valise, un coussin antique ou une boîte que l’on ne peut ni ouvrir ni fermer. Chrysocale I (Set d’habits) ne ressemble en effet à rien de connu, n’a a priori aucune fonction réelle et apparaît d’autant plus mystérieuse et énigmatique que ce qu’elle cache ou protège n’est pas identifiable.
Cette œuvre fait partie d’une série de sculptures réalisées selon la même technique, mais avec des proportions toujours différentes. Seul le titre donne quelques indices tant sur le contenant que sur le contenu : d’une part, sa substance est un alliage de cuivre, de zinc et d’étain tissé comme de la paille ; d’autre part, la forme renferme des objets appartenant à l’artiste, en l’occurrence ici un « set d’habits ». Mais il peut tout aussi bien s’agir d’une pile de journaux, de notes de travail sur une exposition, d’un matelas, etc.
Réalisant des conteneurs pour défier l’usure du temps et faire de leur contenu du matériel archéologique, les Chrysocales de Guillaume Leblon modifient ainsi la valeur de ces artefacts en transformant l’ordinaire en exceptionnel. Cette capsule de vie prend d’autant plus de sens si l’on transpose son titre dans la langue anglaise : il peut s’agir alors d’une mite dont le cocon aurait ici été matérialisé avec la matière homonyme.
La notion de temporalité devient dès lors duelle : le chrysocale insecte a une durée de vie très éphémère, alors que le chrysocale en tant qu’élément peut être tordu, fondu, et durer de nombreuses années. Cette sculpture, entre berceau et tombeau, est ainsi un mode de protection et de dissimulation, et au-delà de vie et de mort.

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