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Sculpture
Animaux / Nature

Anonyme

Cheval

Dynastie des Han postérieurs, Ier-IIIe siècle

Huit pièces de bois

Hauteur : 114 cm

Galerie Jacques Barrère, Paris


Cette sculpture animalière d’un grand raffinement reproduisant un cheval provient de la Chine antique des Ier-IIIe siècles. Les restes de polychromie parvenus jusqu’à nous permettent d’en saisir encore la finesse d’ornementation d’origine. Et si les traits sont particulièrement réalistes, les proportions sont réduites afin de limiter l’encombrement des tombes. En effet, à l’époque des Royaumes combattants, et particulièrement dans la province d’Hubei – appartenant alors au royaume de Chu –, la coutume se répand d’enterrer des objets tout autour du mort. On y dénombre des éléments de la vie courante, des vases, des coupes, des instruments de musique, des armes, des figurations humaines ou animales et des monstres protecteurs. On préparait alors les funérailles des années à l’avance comme on prépare un voyage – ce que la mort est d’une certaine façon. Les objets et les sculptures préfigurent ainsi l’environnement matériel et spirituel que le défunt souhaite retrouver dans l’au-delà, les animaux représentant les compagnons fidèles de cet ultime voyage.
En Chine, le culte des animaux est très ancien. On peut les classer en quatre catégories : les animaux à carapace (dont l’ancêtre est la tortue), à écailles (le dragon), à plumes (le phénix) et enfin à poils (la licorne). Le cheval y occupe une place primordiale. Au départ, c’est la monture elle-même qui était inhumée aux côtés de son propriétaire défunt, et on la considérait comme le meilleur des coursiers célestes. Elle sera ensuite remplacée par des sculptures au regard vif et à l’expression teintée d’humour qui les rendent presque attachantes. La simplicité de la représentation alliée à l’équilibre des proportions du cheval exposé témoignent de la magnificence de la sculpture en bois chinoise à cette époque.

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