Les Trois Grâces

La première rencontre de notre héros est celle des Trois Grâces. Au sein d’une atmosphère paisible et sereine qu’évoque un choix d’œuvres tout en nuances de gris, un nu de Lucas Cranach (1517) et deux autres de Giambattista Della Porta (1586), un torse féminin par le photographe suisse Balthasar Burkhard, la transposition au noir de fumée d’un voile transparent par l’artiste italien Claudio Parmiggiani et un rare film de l’artiste français Jean-Luc Moulène entrent en résonance afin d’évoquer les formes idéales du corps féminin comme allégorie de la perfection et de la pureté.

Habituellement figurées ensemble, Les Trois Grâces chez Jean-Luc Moulène apparaissent frontales et séparées, chacune – trois sœurs dont deux jumelles – agissant indépendamment dans un espace ouvert – la plus haute colline d’Oxford, en Angleterre – dont elles semblent donner la mesure et la profondeur. Leurs poses et leurs gestes déliés, faussement fixes, renvoient par ailleurs à notre propre posture de regardeur.


[Femme nue debout dans un paysage (Vénus ?)]
[Femme nue debout dans un paysage (Vénus ?)], 1517
Lucas Cranach
De Humana physiognomonia, libri III
De Humana physiognomonia, libri III
Gianbattista Della Porta
Les Trois Grâces
Les Trois Grâces, 2012
Jean-Luc Moulène
Sans titre (Torse)
Sans titre (Torse), 1988
Balthasar Burkhard
Senza titolo
Senza titolo, 2009
Claudio Parmiggiani
Prochain chapitre : Les Prêtresses