Le Corps et sa mesure

Depuis les plus anciens actes de figuration répertoriés, l’être humain s’est toujours appliqué à représenter son propre corps, comme en témoignent les mains négatives des grottes préhistoriques. Ces gestes premiers de création ont été repris aussi bien par Vassily Kandinsky (1926) que Giuseppe Penone (1972).

Cette figuration a pris une tournure nouvelle avec l’inscription du corps humain au cœur du tracé régulateur idéal qui se met peu à peu en place durant la Renaissance, ce dont témoigne le traité sur les proportions du corps humain rédigé par Albrecht Dürer au cours du XVIe siècle.

À partir d’un ensemble de photographies de Balthasar Burkhard et de sculptures de Pascal Convert, ce chapitre examine ainsi la façon dont les artistes analysent, décomposent et recomposent le corps, partie par partie, soit à travers l’anthropomorphisme – l’aile de l’oiseau/le bras étendu, la branche/l’avant-bras –, soit à partir de la géométrie (Rachel Garrard), comme si la nature, l’être humain et la géométrie procédaient d’un même principe génératif.


Léonard de Vinci et l’Homme de Vitruve


Empreintes des mains de l'artiste
Empreintes des mains de l'artiste, 25 mai 1926
Vassily Kandinsky
Guanti
Guanti, 1972
Giuseppe Penone
Della simmetria de i corpi humani, libri quattro
Della simmetria de i corpi humani, libri quattro
Albrecht Dürer
Perpetual Return
Perpetual Return, 2014
Rachel Garrard
Venen
Venen, 1989
Balthasar Burkhard
Der Arm
Der Arm, 1993
Balthasar Burkhard
Aile de faucon
Aile de faucon, 1994
Balthasar Burkhard
Sans titre (Autoportrait)
Sans titre (Autoportrait), 1994
Pascal Convert
Sculpture non attribuée
Sculpture non attribuée, 1994
Pascal Convert
Vases anthropomorphes
Vases anthropomorphes, 1995
Pascal Convert
La Mirada del Ciclope
La Mirada del Ciclope, 2001-2002
Oscar Muñoz
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