Au Bord du Monde

Durant tout le Moyen Âge, la Terre était considérée comme un disque plat sur lequel Dieu avait disposé tous les éléments du vivant. Dès lors, il semblait envisageable, pour certains moines particulièrement intrépides, d’aller jusqu’au bord ultime de ce disque afin que, penchés dans le vide, ils puissent enfin toucher l’infini céleste ; Camille Flammarion s’en est fait l’illustrateur pour une des planches de sa Météorologie populaire (1888).

L’aventurier contemporain sait, lui, qu’il n’en est rien et que l’horizon est une ligne irrémédiablement infranchissable. Néanmoins, il n’a de cesse de découvrir ce qui se tient au-dessus ou de l’autre côté des lieux et des choses (Hassan Sharif), de marcher sur le fil même de l’horizon (Janine Antoni) ou d’arrêter la course du soleil (Barbara et Michael Leisgen). Voire de se synchroniser avec cet infini : Giovanni Anselmo en a fait ainsi l’expérience le 16 août 1965, au sommet du volcan Stromboli, lors du lever du soleil. À ce moment précis, nous dit-il, « j’étais en relation avec l’espace infini, avec l’espace sans limite ».


L'atmosphère, météorologie populaire
L'atmosphère, météorologie populaire
Camille Flammarion
Touch
Touch, 2002
Janine Antoni
La Mia Ombra Verso L’Infinito Della Cima Dello Stromboli Durante L’Alba Del 16 Agosto 1965
La Mia Ombra Verso L’Infinito Della Cima Dello Stromboli Durante L’Alba Del 16 Agosto 1965, 1965-2000
Giovanni Anselmo
Infinito
Infinito, 1971
Giovanni Anselmo
Die Beschreibung der Sonne
Die Beschreibung der Sonne, 1975
Barbara et Michael Leisgen
Walking No. 2/1
Walking No. 2/1, 1982
Hassan Sharif
Prochain chapitre : Le Jardin des merveilles