Sans titre (Et si, dès que j'agis, je n'étais plus)
Sans titre (Et si, dès que j'agis, je n'étais plus), 1996 / 2000
Rémy Zaugg
Sans titre (Et si, lorsque moi le tableau je ferme les yeux, je devenais invisible)
Sans titre (Et si, lorsque moi le tableau je ferme les yeux, je devenais invisible), 1996 / 2000
Rémy Zaugg
Sans titre (Et si, lorsque moi le tableau je regarde, le monde me voyait)
Sans titre (Et si, lorsque moi le tableau je regarde, le monde me voyait), 1996 / 2000
Rémy Zaugg
Sans titre (Moi je te vois)
Sans titre (Moi je te vois), 1996 / 2000
Rémy Zaugg

Rémy Zaugg


Né en Suisse en 1943 et décédé en 2005, Rémy Zaugg est tout à la fois artiste, historien, théoricien, critique d’art et scénographe. À partir des années 1980, son œuvre est essentiellement constituée de mots ou de phrases peints ton sur ton ou en contraste sur une toile monochrome. La plupart du temps, il utilise la police d’écriture Univers conçue en 1957 par le typographe suisse Adrien Frutiger pour les machines à écrire IBM et réputée pour sa lisibilité. À travers cet usage du langage comme forme du visible, l’artiste met en place une véritable prise de conscience mentale et sensorielle d’un rapport au monde. Car chaque mot ou chaque phrase peints à la main patiemment par l’artiste sont toujours des affirmations, des interrogations ou des injonctions liées à des thèmes existentiels et universels tels que la vie et la mort, la présence et l’absence, la clairvoyance ou l’aveuglement. L’une de ses peintures les plus célèbres reproduit ainsi le simple énoncé : « MAIS MOI JE TE VOIS ». À travers des jeux entre le visible et l’invisible, le contenant et le contenu, l’objet et le sujet, Rémy Zaugg oblige le visiteur à prendre position sur le rôle qu’il attribue au tableau – fenêtre sur le monde ou lieu de connaissance ?, objet de contemplation ou sujet de méditation ? – et celui qu’il se donne lui-même en tant que spectateur ; autrement dit, son regard et sa conscience du regard. « Transformer la perception de l’objet en objet de la perception », comme le souligne l’artiste lui-même.