Cio che sempre parla in silenzio è il corpo
Cio che sempre parla in silenzio è il corpo, 1974
Alighiero Boetti

Alighiero Boetti


Alighiero Boetti est né en 1940 à Turin, ville italienne où est apparu le mouvement de l’Arte Povera, dénommé ainsi par le critique d’art italien Germano Celant. S’il a toujours revendiqué le métier de peintre, il renonce pourtant à la peinture dès 1960, afin d’expérimenter d’autres langages plastiques qui iront du dessin industriel au collage en passant par la calligraphie, le bombage, le frottage, le pochoir ou le tampon. À la fin des années 1960, il s’éloigne des autres membres de l’Arte Povera et recommence tout à zéro à partir d’une feuille de papier quadrillée sur laquelle il va tracer au crayon des combinatoires de petits carrés qu’il intitule Il cimento dell’armonia e dell’invenzione [L’exercice de l’harmonie et de l’invention, titre emprunté à un concerto de Vivaldi]. En 1972, il s’installe à Rome, se rebaptise Alighiero e [et] Boetti et développe de nombreux systèmes processuels, de l’analyse des formes géométriques simples à l’exploration du langage, en particulier la lettre, la phrase, la ponctuation, les nombres, les dates ou les codes. À partir de 1971, il entreprend également de nombreux voyages, notamment en Afghanistan. Il séjourne ainsi à Kaboul, au One Hotel, et réinterprète avec des brodeuses locales une Mappa, planisphère sur lequel les nations sont représentées par les motifs colorés de leur drapeau. Au fil du temps, ces Mappe forment une tapisserie mouvante de l’ordre et du désordre du monde en fonction des changements géopolitiques qui les génèrent.