EXPOSITION

DU 2/10/2015 AU 10/01/2016

L’exposition Là où commence le jour, présentée au LaM du 2 octobre 2015 au 10 janvier 2016 dans le cadre de lille3000 Renaissance, prend la forme d’un parcours poétique ayant pour thème l’émancipation de l’individu par la (re)connaissance du monde qui l’entoure. À l’instar de l’Odyssée d’Homère ou de La Divine Comédie de Dante – mais aussi des jeux de rôles contemporains –, ce récit visuel inédit invite le visiteur à accomplir un voyage sensible et mystérieux où lui sont révélées, d’œuvre en œuvre, la perception et la conscience que l’être humain a des savoirs, des symboles, de la nature, du corps, de la création, de l’espace et du temps... lire tout

Du crépuscule à l’aube – temporalité allégorique durant laquelle le fil de l’exposition se déroule –, le visiteur sera tout d’abord interrogé sur ses modes de compréhension du monde et ses rapports à la connaissance, puis explorera une bibliothèque d’objets mystérieux et d’armes magiques qui sont autant d’outils ou de talismans à sa disposition. Il croisera ensuite des muses et des prêtresses qui lui indiqueront de nouvelles voies à suivre, retrouvera le sens des éléments premiers tels que l’eau, l’air, la terre et le feu, découvrira les mesures de son propre corps et prendra conscience de ses potentialités. Il expérimentera enfin les limites de l’univers, se confrontera à son immensité et ses merveilles, avant de renaître à lui-même aux premières lueurs du jour.

Là où commence le jour, réunit plus de cent trente sculptures, installations, photographies, vidéos, œuvres sur papier et peintures contemporaines qui dialoguent avec une sélection exceptionnelle de près de trente livres, estampes et dessins du Moyen Âge et de la Renaissance. Choisi pour son pouvoir évocateur, cet ensemble remarquable se déploie, au sein des salles d’exposition temporaire du LaM, selon douze chapitres précédés d’un prologue et suivis d’un épilogue.

Prologue

[Melencolia I]
[Melencolia I], 1514
Albrecht Dürer
[Saint Jérôme dans sa cellule]
[Saint Jérôme dans sa cellule], 1514
Albrecht Dürer
accès prologue

Le
Début
du
voyage


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Le
Monde
n’est
qu’illusion

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Ligne
Ligne, 2011
Ismaïl Bahri
Suppose you don't exist
Suppose you don't exist, 2013
Fabrice Samyn

Objets mystérieux, armes magiques

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Horloge de table en forme de livre
Horloge de table en forme de livre, 1583
Hans Schnier
Empreinte Corail
Empreinte Corail, 1992
Pascal Convert
Tubes de larves aquatiques de trichoptères
Tubes de larves aquatiques de trichoptères, 1980 - 2003
Hubert Duprat
Sans titre
Sans titre, 1994
Hubert Duprat
Les Messagers de la mort décapités. L’Annonciateur du froid
Les Messagers de la mort décapités. L’Annonciateur du froid, 2006
Jan Fabre
Souffles dans le verre
Souffles dans le verre, 2006
Michel François

Les Trois Grâces

La première rencontre de notre héros est celle des Trois Grâces. Au sein d’une atmosphère paisible et sereine qu’évoque un choix d’œuvres tout en nuances de gris, un nu de Lucas Cranach (1517) et deux autres de Giambattista Della Porta (1586), un torse féminin par le photographe suisse Balthasar Burkhard, la transposition au noir de fumée d’un voile transparent par l’artiste italien Claudio Parmiggiani et un rare film de l’artiste français Jean-Luc Moulène entrent en résonance afin d’évoquer les formes idéales du corps féminin comme allégorie de la perfection et de la pureté.

Habituellement figurées ensemble, Les Trois Grâces chez Jean-Luc Moulène apparaissent frontales et séparées, chacune – trois sœurs dont deux jumelles – agissant indépendamment dans un espace ouvert – la plus haute colline d’Oxford, en Angleterre – dont elles semblent donner la mesure et la profondeur. Leurs poses et leurs gestes déliés, faussement fixes, renvoient par ailleurs à notre propre posture de regardeur.

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Anika (Study for Ocean Without a Shore), 2008 [EXTRAIT]
Bill Viola

Les
Prêtresses


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Les
Quatre
Éléments


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Le Corps et sa mesure


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Der Arm
Der Arm, 1993
Balthasar Burkhard

Le Monde entre mes mains

Ayant retrouvé une place au sein d’un monde qu’il redéfinit lui-même au fur et à mesure des nouvelles découvertes scientifiques, l’être humain peut également se saisir des facultés de sa mémoire, de sa pensée et de son corps pour mieux se réinventer. Émancipé, il n’est plus objet mais sujet et devient dès lors créateur de savoirs mais aussi de lieux, d’objets ou de formes qu’il peut ensuite offrir en partage, ce qu’illustrent les œuvres ici rassemblées.

On y retrouve bien sûr la main et le geste. Ils se déploient maintenant dans l’espace pour mieux s’ouvrir vers l’extérieur, l’autre ou l’inconnu afin de réaliser d’inédits et féconds échanges (Dennis Oppenheim, Gabriel Orozco, Giuseppe Penone, Fabrice Samyn), même si certains conservent néanmoins un caractère d’énigmes (Anthony McCall, Gina Pane, Giuseppe Penone).

Les notions de limites et d’infini, qui seront les thèmes des chapitres suivants, sont déjà suggérées à travers l’amplitude des mouvements corporels qui s’étirent jusqu’à l’extrême (Alighiero Boetti, Michel François).


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L’Expérience des limites

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Dénouement, 2011
Ismaïl Bahri
No Light in White Light, 2014 [EXTRAIT]
Charbel-joseph H. Boutros

Au
Bord
du
Monde

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Le Jardin des merveilles

Une fois toutes les étapes franchies, toutes les épreuves surmontées, tous les défis relevés, notre héros peut enfin aspirer au repos. Bien qu’il n’ait ni atteint le bord du monde ni franchi la ligne d’horizon, s’offre tout de même à lui un jardin fabuleux et enchanté, peuplé d’animaux fantastiques et parsemé de plantes non moins extraordinaires, à l’instar d’une arrivée au Paradis céleste. Et de se retrouver enfin en pleine harmonie avec la lumière du monde.


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Odnyam, 2001
Çağdaş Kahriman

La Fin du voyage


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Épilogue

Au sortir de l’exposition, notre personnage – et le visiteur – voit poindre le jour sans avoir obtenu toutes les réponses à ses interrogations, mais fort de l’expérience du voyage. Sans renaître véritablement à lui-même, il en sort néanmoins plus profondément transformé qu’il ne l’imagine. La rencontre avec l’œuvre d’art a en effet ceci de magique : au-delà du plaisir visuel et du rapport intime avec l’acte de création, elle ouvre son esprit tout à la fois sur des voies intérieures situées au plus profond de son être et sur d’infinis possibles qui le projettent au plus loin de sa conscience, de ses espoirs ou de ses rêves. Aussi, comme le professait Pablo Picasso, « l’art sert à se laver l’âme de la poussière de tous les jours ».

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